La recherche des origines par les enfants adoptés en Communauté française

Novembre 2005

Les êtres humains ont besoin de savoir qui ils sont et d’où ils viennent, de la même manière qu’il leur est nécessaire de savoir où ils vont et même, à qui ils sont liés. Cela leur est nécessaire aussi bien sur un plan biologique que psychique et social.

D’une manière générale, toute personne ne peut en effet se définir, s’identifier et se construire qu’à partir d’un minimum de deux paramètres : à la fois son passé, c’est-à- dire ses origines, et son avenir, qui à l’extrême peut se représenter par la mort de la personne.

La question des origines étant au cœur des interrogations humaines, il convient certainement de s’interroger sur les implications -notamment psychosociales et juridiques- d’une filiation comportant des zones d’ombres, des inconnues.

On pense en premier lieu aux enfants privés de leur famille d’origine, et en particulier à ceux qui, suite à cette privation, bénéficient d’un lien alternatif de filiation. Comment ne pas supposer que le questionnement identitaire peut être plus compliqué et/ou plus intense dans l’adoption que dans toute autre filiation ? Les professionnels du secteur, ainsi que les psychologues d’une manière générale, nous incitent en tout cas à le penser : à la fois la pratique de terrain et les études sur le sujet indiquent que le questionnement sur l’identité et les origines est ravivé par l’événement de l’adoption.

La présente analyse de la Coordination des ONG pour les droits de l’enfant porte précisément sur la recherche des origines par les adoptés en Communauté française.

Cette recherche vise un ensemble de démarches que les personnes adoptées entreprennent pour renouer avec leur passé pré-adoptif, souvent à un moment précis de la vie (nous reviendrons plus loin sur cette caractéristique). Ces démarches revêtent une dimension à la fois administrative, juridique et psychosociale, puisqu’elles peuvent contenir, selon les souhaits de l’adopté :

  • l’obtention de l’acte de naissance originel ;
  • l’accès au dossier d’adoption ;
  • la recherche des parents naturels et la prise de contact avec eux.

(Extrait de l’introduction)